Sound Effects: Towards a modelling of sociolinguistic sound aesthetics

Dans les régions germanophones, les dialectes sont souvent classés sur la base d'enquêtes menées par les médias publics et de recherches sociolinguistiques, en utilisant des critères esthétiques tels que « beau » ou « laid » et des attributs dialectaux tels que « amical » ou « arrogant ». Des recherches antérieures ont montré que l'évaluation des phénomènes linguistiques implique de multiples dimensions, notamment les attitudes, les concepts extralinguistiques et les caractéristiques linguistiques réelles. Cependant, la mesure dans laquelle les facteurs extralinguistiques et les impressions auditives influencent les classements et déterminent les attitudes et les attributs dialectaux courants reste une question clé. Pouvons-nous identifier des caractéristiques phonétiques régionales qui sont jugées plus esthétiques que d'autres ? Quelles sont, le cas échéant, les implications de ces structures d'évaluation pour la production de ces caractéristiques par les utilisateurs de la langue dans la communication ? Le projet proposé se concentre sur la phonoesthétique sociolinguistique dans la région D-A-CH (Allemagne, Autriche, Suisse). L'objectif principal est d'étudier le rôle des caractéristiques sonores régionales spécifiques dans la perception et l'évaluation du langage et de fournir un modèle sociolinguistique pour les évaluations esthétiques du langage régional, en intégrant des facteurs linguistiques et non linguistiques, tout en reconnaissant l'importance des divers contextes linguistiques, des pratiques locales et des facteurs sociaux impliqués dans la construction de l'indexicalité, des attitudes et des évaluations dans la perception de la parole. Ces affirmations ont été identifiées comme des desiderata de recherche pertinents au cours des dernières années. Au cours des quatre prochaines années, nous réaliserons des tests de perception en ligne afin de collecter et d'analyser des données empiriques sur la perception, dans le but de mieux comprendre les nuances qui entrent en jeu dans l'évaluation des variations linguistiques régionales, en particulier en ce qui concerne le rôle des caractéristiques phonétiques individuelles. La phase initiale du projet consistera à identifier les caractéristiques phonétiques et les catégories d'évaluation pertinentes au niveau régional à l'aide de tests d'association implicite modifiés, dans lesquels 80 participants de chaque région devront attribuer des mots isolés comme stimuli à des catégories prédéterminées de dimensions esthétiques et d'attributs dialectaux communs. Les données sociales de tous les évaluateurs seront recueillies à la fin de cette phase. La deuxième phase vise à fournir une analyse approfondie des spécifications sous-jacentes qui régissent le processus perceptif concernant les inventaires des caractéristiques et catégories pertinentes identifiées lors de la première phase. Les expériences, menées auprès de 10 participants par région, un sous-ensemble de ceux de la première phase sélectionnés sur la base de divers profils sociaux, comprendront des évaluations en temps réel à l'aide de différentiels sémantiques pour l'évaluation d'un texte parlé cohérent, suivies de tâches de clic et d'explications des décisions des évaluateurs, ainsi que d'entretiens sociolinguistiques qualitatifs. Le post-doctorant affecté au projet mènera des expériences et des analyses dans sept régions de Suisse alémanique, tandis que deux doctorants en feront de même dans deux régions d'Allemagne et d'Autriche chacune. Le post-doctorant coordonnera leur travail et modélisera finalement les résultats consolidés de toutes les régions, en combinant les idées fondamentales de la théorie des exemples et du modèle REACT, un modèle d'attitudes linguistiques. En étudiant quelles caractéristiques de quelles variétés linguistiques sont perçues par qui et de quelle manière, nous pouvons élucider pourquoi certains dialectes ou certaines régions sont préférés à d'autres, comblant ainsi une lacune importante dans la recherche sur les attitudes dialectales et, en fournissant un modèle, faire progresser la théorie linguistique générale de la perception de la variation sociolinguistique. Le projet proposé revêt une importance sociale considérable, car il aborde les préjugés et les conséquences négatives associés aux accents régionaux, qui peuvent avoir une incidence sur les entretiens d'embauche et les évaluations académiques. Notre recherche sociophonétique pourrait améliorer la situation sociale des locuteurs marginalisés en identifiant des caractéristiques phonétiques spécifiques et leurs associations sociales, offrant ainsi des pistes pour atténuer les pratiques discriminatoires.

Direction du projet