Conférences invitées

Ces conférences font partie du Forum SLS. Les étudiants inscrits en master et en doctorat reçoivent 0,25 ECTS pour leur participation.

Les inscriptions sont possibles via KSL.

Pour obtenir le lien Zoom correspondant, veuillez vous adresser à info.csls@unibe.ch.

Philippine Elite "Nature": Semiotics of Language and Personhood

avec Dr. Angela Reyes

Date & Lieu

Quand: 9 juin 2026, 9:15-10:30

Où: Hauptgebäude (Bâtiment principal), salle 120

Zoom: link

 

Abstract

Comment les gens conçoivent-ils la nature humaine ? Comment celle-ci devient-elle un objet de perception et d’expérience, une entité à l’égard de laquelle on peut formuler des valeurs, des actions ou des politiques ? S’appuyant sur un travail de terrain ethnographique mené dans une université privée aux Philippines, cette conférence explore la manière dont les étudiant·e·x·s participants ont discuté de la façon de devenir une élite « naturellement » et d’être une élite « naturelle » — dans leur esprit, leur langage et leur corps. Les participant·e·x·s concevaient la nature comme impliquant une réinvention, formulant ainsi une essence comme artificielle, accomplie par la volonté ou l’adaptation. Je soutiens que la naturalisation des élites contribue à naturaliser les systèmes politico-économiques qui les soutiennent, façonnant un monde que l’on peut regretter mais pas changer.

Poster Reyes (PDF, 760KB)

Intertextuality and the Textual Acquisition of Value in the Legal System

avec Dr. Susan Ehrlich

Date & Lieu

Quand: 10 juin 2026, 9:15-10:30

Où: Hauptgebäude (Bâtiment principal), salle 120

Zoom: Link

 

Abstract

Les pratiques intertextuelles ont fait l'objet de nombreux travaux dans la littérature consacrée au droit et aux sciences du langage, étant donné que les avocat·e·x·s s'appuient souvent sur l'intertextualité pour atteindre l'un de leurs principaux objectifs : établir la véracité (ou l'absence de véracité) d'un témoignage, et ainsi renforcer ou remettre en cause la crédibilité des témoin·e·x·s. Lors des contre-interrogatoires en salle d’audience, par exemple, la capacité à juxtaposer les déclarations antérieures faites par les témoin·e·x·s dans d’autres contextes – lors d’interrogatoires de police, de dépositions ou d’affidavits, par exemple – avec les déclarations actuelles faites lors d’un procès permet aux avocat·e·x·s de mettre en évidence, ou, dans de nombreux cas, de créer des incohérences dans les témoignages (Matoesian 2000).  Dans cet article, je m’intéresse également à la manière dont les avocat·e·x·s déploient stratégiquement des pratiques intertextuelles au tribunal, mais je me concentre ici sur la façon dont ils mettent « en avant » le langage des témoin·e·x·s adverses, produit lors d’événements discursifs antérieurs, non seulement pour établir des incohérences, mais aussi, et surtout, pour activer des significations sociales qui nuisent à la crédibilité des témoin·e·x·s. Je présente des données issues de deux procès, démontrant la manière dont les avocat·e·x·s « entrextualisent » (Bauman et Briggs 1990) les énoncés des témoin·e·x·s adverses issus d’événements discursifs antérieurs.  Ce faisant, je soutiens que les avocat·e·x·s mettent en évidence les formes linguistiques non standard des témoin·e·x·s et forgent des liens indexicaux entre ces formes et des « figures de la personnalité » (Agha 2005) qui portent préjudice aux témoin·e·x·s et à leur rôle juridique dans les procès. Blommaert (2005, p. 72) a fait valoir que lorsque les « textes » circulent, « ce qui est transmis, c’est leur forme, mais leur valeur, leur sens ou leur fonction ne les accompagnent souvent pas ». Cet article examine les processus discursifs mis en œuvre par les acteurs juridiques pour contrôler la « valeur, la signification et la fonction » que les textes acquièrent lorsqu’ils sont transposés dans de nouveaux contextes au sein du système juridique, et la manière dont ces processus s’inscrivent dans des schémas plus larges d’inégalité sociale. 

Poster Ehrlich (PDF, 467KB)

Learning the value of language: a developmental sociolinguistic perspective on language attitudes

avec Dr. Laura Rosseel

Date & Lieu

Quand: 11 juin 2026, 9:15-10:30

Où: Hauptgebäude (Bâtiment principal), salle 120

Zoom: Link

 

Abstract

Cette présentation vise à aborder la question générale de savoir comment et quand les jeunes locuteurs apprennent à reconnaître et à évaluer, en contexte, les variations linguistiques socialement significatives. En nous appuyant notamment sur les diverses valeurs indexicales associées à l’usage de l’anglais au Flandre, nous présentons trois études de cas connexes qui retracent l’acquisition d’attitudes vis-à-vis de cette variation lexicale chez les élèves du primaire flamands.

Ces trois études de cas s'appuient sur des expériences contextualisées de « matched-guise ». La première étude évalue l'appréciation de plus de 170 enfants belges néerlandophones face à deux versions d'un super-héros : Sterrenman n'utilise que des mots néerlandais, tandis que Starman utilise régulièrement des emprunts à l'anglais. Après avoir évalué les deux versions, les enfants ont participé à une série de tests postérieurs mesurant la conscience linguistique et la connaissance réceptive des mots utilisés dans le scénario. Les résultats montrent une prise de conscience croissante de la signification sociale des mots anglais en néerlandais, ainsi qu’une perte progressive de prestige de la version exclusivement néerlandaise.

Les deuxième et troisième études s'appuient sur la première en modifiant la contextualisation des formes d'expression. L'étude de cas n° 2 (N = 1 211) se concentre sur la publicité pour des produits, où l'anglais est fréquemment utilisé dans l'espoir d'influencer favorablement la perception du produit commercialisé (Hornikx & van Meurs 2020 ; Roberts et al. 2020). La troisième et dernière expérience (N = 492) cible quant à elle les journaux télévisés néerlandais destinés aux enfants, un contexte plus normatif où les mots anglais sont pratiquement absents (Waters 2020). Combinées, ces expériences révèlent des évaluations sociolinguistiques sensibles au genre, avec des différences nettes entre les préférences personnelles individuelles déclarées et l’adéquation globale déclarée de la langue utilisée.

Ces résultats seront interprétés en relation avec le rôle du contexte dans l’acquisition par les enfants du vaste potentiel indexical de l’anglais en néerlandais, en reliant les résultats à la discussion plus fondamentale du lien entre l’expérience linguistique individuelle des enfants et les valeurs et normes sociétales auxquelles ils sont exposés. Enfin, nous réfléchissons aux avantages et aux inconvénients de la conception « matched-guise » (conception à apparence appariée) lorsque l’on travaille avec des préadolescents de différents groupes d’âge.

Poster Rosseel (PDF, 355KB)

Cours circulaire: Heritage Languages

Cours circulaire: Heritage Languages

Le cadre de cours circulaire CSLS du semestre de printemps 2026 est un projet didactique conçu par des collègue·s de l'Université de Berne. Il se concentre sur différentes approches de recherche visant à étudier les langues d'origine dans la Suisse multilingue. Il traite de la manière dont ces langues sont acquises, transmises ou revitalisées au sein des familles et des communautés.

 

Le cours combine des bases théoriques et des études de cas empiriques sur la migration et le multilinguisme. Il est structuré comme suit :

les trois premiers cours introductifs traitent des définitions fondamentales, des traditions de recherche et des concepts théoriques cadres. Les séances suivantes examinent différentes langues d'origine – outre l'italien, le français et l'allemand, également des langues non nationales telles que l'espagnol, le tibétain, le bosniaque-croate-monténégrin-serbe et l'anglais – sous différents angles (socio-)linguistiques.

Rätoromanisch als Herkunftssprache in der Deutschschweiz

avec Dr. Claudia Cathomas et Dr. Andrin Büchler

Date & Lieu

Quand: 12 mars 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

Selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique, environ 1 % de la population suisse âgée de 15 ans et plus (soit environ 60 000 à 70 000 personnes) utilise régulièrement le romanche (Audergon, 2025). Il peut paraître surprenant que, selon les estimations, plus de la moitié des locuteurs ne vivent pas dans la zone linguistique « traditionnelle », mais dans ce qu'on appelle la diaspora romanche. Cela signifie donc dans les régions germanophones ou italophones des Grisons, voire à l'étranger ou dans d'autres cantons suisses, les villes alémaniques étant particulièrement prisées comme lieu de résidence. En dehors de la région traditionnelle, le romanche est essentiellement une langue d'origine pour les enfants de parents qui ont migré d'une région romanche vers une région de langue différente, mais cela n'est pratiquement jamais mentionné dans le discours public.

 

Dans la première partie de la conférence, après une brève introduction au romanche et à sa situation sociolinguistique, la migration interne de la génération des parents sera décrite plus en détail. L'accent sera mis sur la question sociologique de savoir quels groupes de population sont particulièrement mobiles et pourquoi. En outre, la migration sera décrite non pas comme un processus abrupt, mais comme un processus graduel comportant différentes étapes liées à des facteurs idéologiques, identitaires et liés aux réseaux (Büchler, en cours de publication).

 

Sur la base de ces réflexions, la deuxième partie examine la transmission du romanche comme langue d'origine en Suisse alémanique. Le point de départ est une étude qualitative réalisée par l'Institut de recherche culturelle des Grisons sur la situation linguistique des familles romanches en dehors de la zone linguistique (Cathomas et al., 2024). Les résultats montrent que la transmission du romanche est particulièrement fragile dans ces conditions, car l'allemand domine dans la plupart des domaines sociaux et il existe peu d'occasions d'utiliser le romanche en dehors de la famille. Dans le même temps, la pratique linguistique au sein de la famille revêt une importance capitale, en particulier la quantité d'apports en romanche et le rôle des parents qui ne parlent pas le romanche comme première langue. Sur cette base, le cours aborde les travaux de recherche actuels d'un projet en cours sur la politique linguistique familiale dans les familles rhéto-romanes de Suisse alémanique. L'accent est mis sur la manière dont les familles rhéto-romanes négocient la transmission de la langue au quotidien et sur le rôle que jouent les dynamiques linguistiques familiales dans ce processus.

Mehrsprachigkeit mit Herkunftssprachen als Bildungsrisiko? Theoretische Überlegungen und empirische Befunden

avec Prof. Dr. Raphael Berthele

Date & Lieu

Quand: 19 mars 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

La conférence part d'un paradoxe fondamental dans le débat actuel sur la politique éducative : alors que certains acteur et expert·e·s en matière de politique éducative identifient la « langue étrangère » comme un facteur central de l'échec scolaire des enfants et des jeunes issus de l'immigration, d'autres spécialistes, notamment en linguistique appliquée et en recherche sur le multilinguisme, soulignent le potentiel du multilinguisme individuel.

Sur la base des résultats de recherches menées en Suisse et dans les pays voisins, nous examinerons la relation entre les répertoires linguistiques individuels et l'acquisition de compétences et les parcours éducatifs, et nous déterminerons quelles conclusions causales peuvent être tirées quant aux effets des répertoires linguistiques d'origine. Les approches théoriques dominantes dans ce domaine – de la théorie de l'interdépendance aux concepts postmodernes de translanguaging, en passant par d'autres théories sur les avantages du bilinguisme et du multilinguisme – sont examinées de manière critique, tant d'un point de vue théorique qu'à la lumière des données empiriques.

Une attention particulière est accordée au rôle des langues d'origine dans l'acquisition d'autres langues, en particulier la langue scolaire et les langues étrangères enseignées à l'école.

L'italiano come lingua di origine

avec Prof. Dr. Silvia Natale

Date & Lieu

Quand: 26 mars 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

Dans ce cours, nous nous intéressons à l'italien comme langue d'origine en Suisse alémanique. Après un bref aperçu des différents mouvements migratoires de l'Italie vers la Suisse alémanique, nous abordons les pratiques de transmission linguistique et les usages linguistiques des deuxième et troisième générations. Nous nous concentrons en particulier sur des phénomènes tels que le code-switching et d'autres formes de contact linguistique. Nous les analyserons à l'aide des caractéristiques grammaticales des textes rédigés par des locuteurs natifs (par exemple, l'utilisation de l'aspect progressif ou la mise en place de sujets zéro).   Pour finir, nous nous intéresserons à la nouvelle migration italienne et aux premières observations sur le développement des pratiques linguistiques de la « nouvelle » deuxième génération. Le cours sera dispensé en italien, mais les diapositives sont également disponibles en allemand sur demande. 

Slavische Sprachen als Herkunftssprachen

avec Prof. Dr. Katrin Karl

Date & Lieu

Quand: 2 avril 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

Résumé

Les langues slaves en Suisse ne constituent ni un groupe linguistique ni un groupe migratoire homogène. Elles renvoient plutôt à des imbrications historiques différentes, à des contextes politiques variés et à des mouvements migratoires distincts, ainsi qu’à des nombres de locuteur·rice·s très variables. Alors que le polonais et le tchèque entretiennent des relations plus anciennes avec la Suisse, le russe et l’ukrainien ont suscité une attention accrue, notamment dans le contexte des développements géopolitiques récents et des dynamiques liées à la guerre. Le bosnien, le croate, le monténégrin et le serbe (BCMS), quant à eux, occupent une position particulière: ils comptent parmi les plus grands groupes de langues d’origine du pays et sont ainsi présents de manière spécifique dans la perception publique.

La conférence prend ces différents profils des langues slaves comme point de départ et propose d’abord un aperçu systématique de leur répartition, de leurs trajectoires historiques et de leur situation sociolinguistique actuelle en Suisse. Elle met en évidence les points communs et les différences en matière de migration, d’intégration institutionnelle et de perception sociale.

La partie principale est consacrée aux langues BCMS. Malgré leur base linguistique commune, ces variétés sont socialement et politiquement construites et perçues comme des langues (nationales) distinctes. La conférence examine comment le BCMS est utilisé en Suisse, comment il est transmis entre les générations et comment il est soutenu sur le plan institutionnel. Dans un premier temps, la situation linguistique et sociopolitique complexe des locuteur·rice·s du BCMS est esquissée, puis complétée par des données démographiques et statistiques actuelles. Ensuite, les offres de soutien et les programmes éducatifs existants sont présentés, notamment dans le domaine de l’enseignement des langues d’origine.

La partie empirique présente les résultats d’une enquête sociolinguistique menée auprès d’environ 100 locuteur·rice·s du BCMS en Suisse. L’analyse se concentre sur l’usage des langues, les attitudes linguistiques, les trajectoires d’acquisition linguistique ainsi que sur le souhait de transmettre la langue d’origine entre les générations. Elle examine également l’importance attribuée à l’enseignement des langues d’origine.

Enfin, les résultats sont discutés à la lumière des spécificités du contexte suisse et des perspectives pour de futures recherches sont proposées.

Bundesdeutsches Hochdeutsch als Herkunftssprache in der Deutschschweiz

avec Prof. Dr. Florian Busch

Date & Lieu

Quand: 16 avril 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

La migration et la mobilité marquent le quotidien communicatif en Suisse. Pour les immigrés allemands, cela crée souvent un champ de tensions entre attentes et réalité : beaucoup s'attendent à peu de barrières linguistiques, l'allemand étant une langue nationale de la Suisse. Dans la vie quotidienne, on constate cependant que l'allemand standard suisse diffère de l'allemand standard fédéral et que les dialectes suisses allemands jouent un rôle central, en particulier dans les situations informelles et orales. De plus, les Allemands perçoivent leur(s) variété(s) allemande(s) comme socialement marquée(s).

La conférence prend cette constellation comme point de départ et se concentre sur l'allemand standard allemand en Suisse alémanique, discutant de son statut en tant que langue d'origine. Elle se concentre sur les attitudes linguistiques des immigrants allemands dans leur communication quotidienne : quelles sont leurs attentes dans leurs interactions avec les Suisses ? Quelles valeurs idéologiques attribuent-ils à l'allemand standard suisse et allemand, ainsi qu'aux dialectes suisses allemands ? Et quelles pratiques linguistiques utilisent-ils pour se positionner socialement dans la vie quotidienne et créer des identités situées entre inclusion et exclusion sociales ?

La base empirique est constituée d'une enquête quantitative en ligne menée auprès de 491 participants et de 20 entretiens qualitatifs, qui ont été recueillis et évalués dans le cadre d'une étude sur les attitudes linguistiques réalisée par Selma Vonlathen, Adrian Leemann et Florian Busch. La présentation examine comment les immigrés allemands perçoivent et interprètent les différences linguistiques, comment cela se reflète dans leur évaluation des variétés linguistiques et comment ils négocient l'appartenance, la distance et la normalité dans le contexte du multilinguisme suisse allemand à travers leurs interactions linguistiques.

El español como lengua de herencia

avec Prof. Dr. Yvette Bürki

Date & Lieu

Quand: 23 avril 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

Processus de redéfinition et d'appropriation de l'espagnol comme langue d'origine dans la Suisse germanophone. Une étude à travers des portraits linguistiques. 

Ce cours présente les résultats d'une étude collaborative menée par Livio Bonaduce et Yvette Bürki sur l'espagnol en tant que langue d'origine chez les jeunes d'origine latino-américaine en Suisse. À partir d'une approche qualitative basée sur des portraits linguistiques, les expériences linguistiques, affectives et identitaires de 22 participant·e·s sont analysées. Les résultats montrent des constantes liées à la transmission intergénérationnelle et à l'action des jeunes dans la redéfinition et la réactivation de l'espagnol. De même, le rôle de l'anglais en tant que langue de socialisation des jeunes et de prestige mondial est examiné, ainsi que son impact sur la reconfiguration des hiérarchies linguistiques sans pour autant supplanter la valeur symbolique de l'espagnol.

Le français comme langue d’origine en Suisse

avec Prof. Dr. Sandrine Zufferey

Date & Lieu

Quand: 30 avril 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

Le français est la deuxième langue la plus parlée en Suisse et l'une des langues officielles du pays. Ce n’est donc l’une des langues auxquelles on pense en premier pour étudier les langues d'origine en Suisse. Pourtant, cette situation existe et est même assez courante dans le canton de Berne, où les familles francophones de Suisse romande ou de l'étranger sont de plus en plus nombreuses à s'installer dans les régions germanophones du canton. À titre d'exemple, le village germanophone de Gampelen, dans la région du Seeland, compte désormais 47 % de francophones, et la ville de Bienne a presque atteint un nombre égal de germanophones et de francophones. L'un des objectifs des familles qui s'installent dans des communes germanophones est souvent de donner à leurs enfants la possibilité de devenir bilingues. C'est pourquoi elles choisissent d'inscrire leurs enfants dans des écoles germanophones et le français devient une langue d'origine parlée uniquement à la maison. Dans cette présentation, je rendrai compte des pratiques linguistiques, des motivations et des attitudes des familles francophones vivant dans le canton de Berne en analysant les résultats d'entretiens semi-structurés menés à l'été 2025 auprès de 50 résidents francophones du canton.

Critical pedagogies for a socially sustainable linguistic world: Insights from Spanish in the U.S.

avec María Luisa Parra

Date & Lieu

Quand: 7 mai 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

Cette présentation explore comment l'héritage de la colonisation espagnole, la mobilité diasporique latino-américaine et les pratiques linguistiques des locuteurs de deuxième génération et des générations suivantes contribuent à l'émergence d'une variété distincte de l'espagnol américain. Ces processus remodèlent des concepts sociolinguistiques clés, tels que le contact linguistique, l'alternance codique, le bilinguisme et l'identité ethnolinguistique, en les situant dans le contexte des expériences vécues de la migration, de l'hybridité et de la transmission intergénérationnelle. Dans le même temps, les asymétries historiques entre une société dominée par l'anglais et les communautés hispanophones minoritaires ont détourné l'attention des chercheurs et des pédagogues vers les questions de pouvoir, d'idéologies linguistiques et de hiérarchies raciolinguistiques qui ont un impact sur la pérennité linguistique à travers les générations. Dans cette perspective, le paysage sociolinguistique contemporain des États-Unis devient un catalyseur pour un nouveau paradigme pédagogique fondé sur la sociolinguistique critique et l'enseignement des langues d'origine, visant à motiver l'apprentissage des langues, à renforcer l'identité ethnolinguistique et à préserver l'espagnol comme ressource pour la continuité culturelle, les opportunités professionnelles et la participation civique.

Tibetisch als Herkunftssprache in der Schweiz

avec Ellora Hänni

Date & Lieu

Quand: 21 mai 2026, 14:15-16:00

Où: F022, Unitobler

Ce cours fait partie du cours de circulaire "Heritage Languages".

 

Abstract

Selon les estimations actuelles, environ 7 500 à 8 000 personnes d'origine tibétaine vivent aujourd'hui en Suisse, ce qui fait de cette communauté l'un des plus grands groupes de la diaspora tibétaine en Europe1. Beaucoup de Tibétains vivant en Suisse attachent une grande importance à la préservation de leur culture et donc de leurs langues en exil. Il ne s'agit toutefois pas d'une langue tibétaine homogène, mais d'une famille de langues comprenant de nombreuses variétés, parfois incompréhensibles entre elles, ce qui pose des défis particuliers pour la préservation de la langue.

Après une introduction au groupe linguistique tibétain et aux chiffres et faits essentiels concernant la diaspora tibétaine en Suisse, le concept de langue d'origine est abordé. Deux portraits montrent comment le tibétain en tant que langue d'origine est négocié dans différents contextes biographiques, générationnels et liés à la migration.

Le premier portrait est consacré à Tibi, qui a été adopté il y a plus de 60 ans, à l'âge de sept ans, par une famille zurichoise et qui vit depuis lors en Suisse. Il parle le dialecte zurichois, a suivi sa scolarité ici, fondé une famille et élevé ses enfants, tout en restant toujours attaché à ses racines tibétaines. Le deuxième portrait présente la famille M., qui ne vit en Suisse que depuis quelques années. Sunita et son mari Kalsang s'efforcent de s'intégrer en Suisse tout en transmettant à leurs trois filles en âge (pré)scolaire la langue et la culture de leur pays d'origine.

Migration und Mobilität im Spiegel von Familiennamen der Schweiz

avec Prof. Dr. Luise Kempf et Dr. Linda Steiner

Date & Lieu

Quand: 27 mai 2026, 10:15-12:00

Où: F021, Unitobler

 

Abstract

La conférence se divise en deux parties : la première partie présente la structure et les méthodes du projet «Familiennamenatlas der Deutschschweiz. Mit Ausblicken auf die romanischen Sprachgebiete» et expose une sélection d'études de cas tirées du projet. Il s'agit des traces de migration dans les noms de famille suisses issues des deux couches de données les plus anciennes du Familiennamenbuch der Schweiz («avant 1800» et «XIXe siècle»). On y observe surtout des mouvements de mobilité à l’intérieur de la Suisse – par exemple, la migration depuis l’Emmental et/ou vers les métropoles horlogères du Jura, ainsi que, de manière générale, de la Suisse alémanique vers la Suisse romande et inversement. L’accent est mis sur les traces linguistiques de cette migration dans les noms, où l’on peut observer des adaptations aux niveaux phonologique, graphématique et même sémantique.

La deuxième partie de la conférence examine les schémas de mobilité du XXe au XXIe siècle à partir des noms de famille d’origine turque en Suisse. Elle s’intéresse principalement à la manière dont les différentes phases de migration se reflètent dans les données onomastiques et à la façon dont les processus d’intégration se manifestent au niveau graphématique.

L'analyse suit une approche diachronique en deux étapes : pour la première moitié du XXe siècle, les données relatives à la naturalisation issues du Familiennamenbuch der Schweiz sont analysées, tandis que pour la période postérieure à 1960, on se base sur les données démographiques de l'Office fédéral de la statistique. Cela permet de distinguer les premières migrations de minorités non musulmanes issues de l'ancien Empire ottoman, marquées par des bouleversements politiques, de la migration ultérieure de main-d'œuvre et de réfugiés en provenance de la République de Turquie.

Une attention particulière est accordée à l'intégration graphématique des noms turcs dans le système d'écriture suisse. Malgré l'utilisation commune de l'alphabet latin, on observe des adaptations systématiques et la formation de variantes, notamment au niveau des signes diacritiques.

 

 

Archives des conférences invitées

Vous trouvez ici un aperçu de nos conférences invitées passées.